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THE MYTH OF FINGERPRINTS
Ca faisait longtemps qu'on en parlait, sans jamais réussir à
en accoucher. Sortie en catimini, la musique du film sensitif de Bart
Freundlich, qui avait amené Tchekhov dans l'Amérique enneigée
de Thanksgiving, est un de ces disques qu'il faut chérir tendrement.
Je ne suis pas le seul à le dire : tous ceux qui ont vu le film,
et qui l'ont aimé, ont été saisis par cette étrange
musique, enfantée par deux musiciens expérimentaux australiens.
Peu produite, nocturne, les notes diffuses de David Bridie et John Phillips
s'écoutent comme un long soupir, plein de buée et de petits
sourires entendus. C'est assez déprimant, bien sûr, mais
c'est à ce prix que se paient les subtiles émotions. Par
maigres touches instrumentales (un hautbois par là, une mandoline
par-ici, parsemée de guitares sèches et de violoncelles),
le duo crée tout un monde ouaté, sans artifices ni grosses
pompes. Imaginez le score de Knopfler pour CAL, remplacez l'Irlande
par une culture australienne underground, et vous aurez une bonne idée
du ton de l'album.
Agrémenté de brefs dialogues et de chansons discrètes
et éblouissantes (le Banks of the Wabash de Rufus Wainwright
est un monument), THE MYTH OF FINGERPRINTS est un album à écouter
les yeux fermés. Il n'y a pas grand chose d'autre à en
dire, le reste va de soi. Probablement un des disques de l'année.
Cela dit, si vous réussissez à le trouver en France, c'est
que vous êtes bénis des dieux. Si vous avez des problèmes,
essayez cet URL : http://www.spe.sony.com/Pictures/SonyClassics.
Et si ça ne marche pas, il ne vous restera que vos yeux pour
pleurer.
David Calvo
Composé par : David Bridie et John Phillips
Distribué par : (Velvel Records/Sony Classics)
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